amp008_sh-spiked




Reviews

Ampbitiftgo égraine ses sorties avec parcimonies afin d'éviter les ratés et de maintenir une cohérence dans l'esthétique des artistes mis en avant. Nouvelle preuve avec Soundhacker qui, avec son IDM feutrée, confirme, tant au niveau de l'exigence que de l'univers, la ligne du label. L'Anglais avait déjà sorti un maxi sur Ampbitifgo en 2008.

Le son du producteur est froid. La neige numérique qui recouvre ses structures métalliques offre la richesse des paysages du grand nord. Une sensation générale de grand manteau blanc qui recouvre la nature cache un sens raffiné du détail. Au sein des couches synthétiques se révèlent maints bleeps, clicks et autres sons minutieusement assemblés pour donner une impression de volume. Dans le minimaliste Dregger se nichent divers bruissements. Ce désert glacé révèle de nombreuses espèces qui fourmillent discrètement. A la frontière de l'ambient, des rythmiques viennent parfois bouleverser cette nature paisible, cognant le sol rugueux. Seized est ainsi traversé d'un kick brutal signe d'activité soudaine, le tempo devient tout à coup plus nerveux, dominant le reste.

Le calme revient. Soundhacker se plaît alors à faire évoluer ses textures, à envoyer de frêles nappes synthétiques qui soufflent sur ses paysages figés. Eem n'est ainsi qu'un vaste blizzard. Le travail est mené touche par touche, ne laissant rien au hasard. Les évolutions sont calculées, chaque passage glissant l'un vers l'autre sans rupture. Le vent vous frôle et votre champ de vision se réduit. La température baisse encore. La musique parvient encore lointaine et sourde. Le beat de Skarl est alors un signe de vie réconfortant. L'ambiance s'intensifie, le crépitement rompt le calme. Il y a comme un durcissement dans l'air, une tension qui s'accroît. Confused Function est ses airs indus participent à cette tendance. La mécanique nerveuse prend le pas sur les brouillards sonores. Les grands espaces sortent de leur cécité dominés par des machines envahissantes.

Soundhacker nous entraîne dans un monde froid et dur, mais pourtant agréable et addictif. Difficile de lâcher ce disque en cours de route tant son auteur a soigné les sonorités qui composent son récit. Parfait pour accompagner la neige hivernale.

chroniques electroniques
(engish translation)


Régulièrement, une nouvelle sortie apparaît chez Amp Bit If Go, petite structure anglaise qui reste globalement fidèle à une electronica / IDM très 90s. Ce n’est pas soundhacker qui va nous contredire, ce duo anglais évoqué à plusieurs reprises sur ces pages et habitué de Amp Bit If Go ayant sorti ses précédentes productions sur des labels tels que Neo Ouija, Cactus Island ou encore Smallfish. Spiked est un album riche, dense, aux approches plutôt variées au fil des 16 pistes qui le compose. Electronica, IDM, ambient, minimal, avec des choses très classiques mais également de nombreuses abstractions faite de collages sonores, un travail sur l’ambiance, généralement sombre et inquiétante. 
L’album est construit selon une certaine symétrie, débutant par une belle electronica aux rythmiques frétillantes et nappes glacées (Rupture), démantelant petit à petit ses structures pour gagner en abstraction avec des plages ambient telles que le timide et fragile Skin Crawler qui découpe l’album en deux parties distinctes, pour revenir en fin d’album à une electronica un peu datée, des sonorités qui rappelleront les premières heures d’Autechre sur l’éclatant et tendu Rogue Instructor. L’album ressemble un peu à un dédale, composé de déluges rythmiques, cassures ambient, et autres atmosphères anxiogènes. L’ensemble est toujours parfaitement maîtrisé et les deux anglais parviennent sans mal à capter l’attention car ils surprennent. Il y a d’une part quelques pistes sur lesquels on revient, ne serait-ce que pour la beauté des sonorités subtilement frétillantes de Crabby Cocoa Cougar, des structures minimales grésillantes de Freeze Dried Swipe ou encore des textures aux hachages syncopés de Skarl. 
On trouve ensuite l’ambient dérangée de Eem ou While In A Tilted Position avec ses sons concrets, grognements, grincements et chœurs éthérés qui permettent de faire une pause, tandis que Sphalerite et Irk remettent la machine sur les rails à force de percussions métalliques et mécaniques ou de tempos délurés. On l’a déjà dit, soundhacker ne fait pas vraiment preuve de nouveauté. On reconnaîtra toutefois aux deux hommes un savoir faire certain dans le dosage de ses compositions et l’exploration de nouveaux styles, tenant sans peine l’auditeur en haleine pendant plus d’une heure.

Fabrice Allard
le 6/02/2011

etherreal
(engish translation)


Electronic duo Soundhacker are Ben Ramsay and Andy Dolphin, having released on 'Cactus Island Recordings' and the long running ambient label 'Smallfish', the two set up their own label 'Amp Bit to Go' in 2006. Releasing the first three Soundhacker albums - Retrospective Disinformation, A Series of Routines and Backat - the label's roster expanded, and in July 2009 put out an excellent compilation which included tracks by artists such as Pleq, Autistici, Michael Santos and Maps and Diagrams to name but a few.

'Spiked' marks the label's ninth release, and a benchmark in Ramsay and Dolphin's career working together.  Looking back on previous Soundhacker albums its clear that this is their most focused work - both in overall tone, and in production quality.  Beginning with what sounds like a sonar pulsing, 'Rupture' quickly introduces us to the glitchy mechanical landscapes that unfurl on this album. Fast, intricate electronic beats race over themselves, a slow synth sine wave phasing over the top, reminiscent of Brothomstates, Autechre or perhaps, more specifically older Squarepusher. Elsewhere though, the sonic temperament becomes warmer, more organic - the beats are dropped only to be brought back by a Bola-esque organic sound.

However, there's more here than simple comparison to IDM pioneers of old. 'Dregger' for example, uses its percussive clicks and pops sparsely, closely aligning themselves to the keyboards and synth lines to formulate a rounded, complete piece. Indeed at points, as on 'Phyla Repro', the album turns more epic scifi soundtrack and away from coming close to the dancefloor.  This cinematic quality, and photorealistic edge to the music brings to mind images of Darren Aronofsky's 1998 film 'Pi', which featured a Clint Mansell soundtrack that matched the dark, schizophrenic paranoia of the story line. Spiked, although possessing introspective tendencies has enough lightness to it to never quite go too far down the dark path.

Ending on a high, Spiked finishes with the hard hitting beats of 'Rogue Instructor'.  Ramsay and Dolphin are true to their form, through and through and manage to steer a focused path through these strange electronic pieces. There's more than enough future sounds here to miss first time around and to pick up on subsequent listens. It will be interesting to see where they go next.

Futuresequence